Afropreneur

Thione Niang appelle la diaspora africaine à s’engager pour le développement du continent

L’entrepreneur social sénégalais plaide pour une mobilisation économique, éducative et numérique des Africains vivant à l’étranger.

Thione Niang a lancé un appel appuyé à la diaspora africaine : selon lui, le développement du continent ne peut pas reposer uniquement sur les États. Il invite les Africains vivant à l’étranger à participer, chacun selon ses possibilités, à la création d’emplois, à la formation des jeunes, à l’investissement et à la diffusion d’une image plus juste des pays africains.

Originaire du Sénégal, présenté comme entrepreneur social engagé notamment dans l’agriculture et la formation des jeunes et des femmes, Thione Niang place les populations au centre de sa vision. Pour lui, la richesse majeure de l’Afrique réside d’abord dans ses habitants et dans leur capacité à se mobiliser collectivement.

Créer des champions économiques pour créer des emplois

Au cœur de son intervention, Thione Niang insiste sur la nécessité de soutenir les réussites africaines. Il estime que le continent a besoin de « champions économiques » capables de développer des activités, de structurer des filières et, surtout, de créer des emplois.

Cette reconnaissance ne doit pas être réservée aux domaines habituellement les plus visibles, comme le sport ou la musique. Elle doit aussi concerner les entrepreneurs, les porteurs de projets, les personnes qui investissent et celles qui bâtissent des initiatives durables sur le terrain. Célébrer ces parcours, leur donner de la force et rendre leurs actions visibles peut, selon lui, encourager d’autres vocations.

Son message rejoint une question essentielle pour les diasporas : comment passer de l’admiration ponctuelle pour les réussites africaines à un soutien concret aux projets qui génèrent de l’activité ? Il peut s’agir de financer, de conseiller, de mettre en relation, de transmettre une compétence ou simplement de relayer des initiatives sérieuses.

De l’indépendance politique à l’émancipation économique

Thione Niang inscrit son appel dans une continuité historique. Il rappelle que les générations des indépendances ont obtenu la liberté politique du continent, malgré les limites et les difficultés de cette période. La responsabilité actuelle serait désormais de poursuivre ce travail sur le terrain économique.

Cette ambition ne se réduit pas à des indicateurs abstraits. Elle concerne directement les conditions de vie : pouvoir se soigner dans des hôpitaux dignes, étudier dans des écoles adaptées et permettre aux jeunes de construire leur avenir sans être abandonnés face aux difficultés du quotidien.

Dans cette perspective, l’enjeu est de produire une amélioration concrète de la qualité de vie. L’emploi, l’éducation, l’agriculture, la santé et l’accès aux opportunités sont présentés comme des piliers d’une transformation qui doit bénéficier aux populations.

Refuser le dénigrement entre Africains

L’un des passages les plus forts de son discours porte sur les divisions internes. Thione Niang appelle à ne pas se détruire mutuellement, notamment par les critiques et les insultes sur les réseaux sociaux. Il distingue l’action de la parole facile : il est plus simple, affirme-t-il, de commenter ou de douter depuis internet que de s’engager dans un projet difficile.

Cette remarque ne revient pas à interdire le débat ou la critique. Elle met plutôt l’accent sur la nécessité de ne pas décourager systématiquement ceux qui essaient de construire. Pour lui, l’Afrique ne pourra progresser à moitié ni dans la rivalité permanente : elle a besoin d’une coopération plus forte entre ses forces vives.

Les plateformes numériques jouent aujourd’hui un rôle majeur dans la manière dont les sociétés se perçoivent. Elles peuvent amplifier les conflits, les comparaisons et les discours dévalorisants, mais elles peuvent aussi devenir des espaces de transmission et de mobilisation. À ce sujet, les mécanismes d’uniformisation et d’influence sur les réseaux sociaux rappellent combien les contenus visibles peuvent façonner les représentations collectives.

La diaspora, un acteur que les États ne peuvent ignorer

Pour Thione Niang, les États africains ont besoin de l’implication de leurs diasporas. Il ne les présente pas comme parfaits et ne demande pas d’attendre que toutes les conditions institutionnelles soient réunies pour agir. Son appel consiste au contraire à prendre part aux transformations en cours.

Cette participation ne suppose pas nécessairement un retour immédiat et définitif au pays d’origine. Elle peut prendre de nombreuses formes : lancer un projet, investir dans une activité existante, partager une expérience professionnelle, accompagner des jeunes, créer des passerelles commerciales ou utiliser internet pour transmettre des connaissances.

Le retour au pays constitue toutefois une réflexion importante pour de nombreux membres de la diaspora. Il demande une préparation réaliste, une compréhension des contraintes locales et une capacité à retrouver ses repères. L’expérience relatée dans ce retour au Cameroun après dix ans aux États-Unis illustre que cette réinstallation ne se limite pas à un changement de lieu de vie.

Le propos de Thione Niang est donc plus large que le seul retour physique : il invite à ne pas rester spectateur. Il alerte aussi sur le risque, pour les générations qui demeureraient durablement éloignées des réalités locales, de se sentir un jour étrangères dans leur propre pays.

Ressources naturelles : la question de la maîtrise et du codéveloppement

Thione Niang évoque son travail en Guinée autour du projet Simandou, où il dit avoir observé de près les dynamiques internationales à l’œuvre sur le continent. Il souligne la présence d’acteurs venus d’Asie, d’Europe, des États-Unis, d’Australie, du Canada et d’autres régions du monde.

Son interrogation est directe : comment les Africains entendent-ils participer à la valorisation de leurs propres ressources naturelles ? Il considère que la maîtrise de cette question ne peut être laissée aux seuls intérêts extérieurs. Son appel ne se limite cependant pas aux ressources minières : il englobe l’ensemble des capacités productives, humaines et culturelles du continent.

Dans ce cadre, le codéveloppement suppose une participation active des populations, des entreprises locales, des compétences de la diaspora et des institutions nationales. L’enjeu est de faire émerger des projets qui créent de la valeur et des opportunités sur place.

Faire du numérique un outil de transmission et de rayonnement

Internet occupe une place centrale dans la vision défendue par Thione Niang. Il y voit un outil permettant d’aider les jeunes, notamment en agissant sur leur état d’esprit et leur accès à des modèles inspirants. La transmission peut se faire à distance, au-delà des frontières, à condition de produire des contenus utiles et de bâtir des liens concrets.

Il appelle également à mieux présenter les pays africains. Selon lui, le récit diffusé sur l’Afrique est trop souvent négatif. Il encourage donc le développement d’une forme de rayonnement national, fondée sur ce que chaque pays possède de meilleur : ses talents, ses projets, ses savoir-faire et ses perspectives.

Thione Niang indique avoir accepté une mission d’ambassadeur itinérant du Sénégal, confiée par le président Bassirou Diomaye Faye, afin de contribuer au rayonnement de son pays. Il présente cet engagement comme un choix personnel de participation, après plusieurs années de travail en Guinée.

Un appel à l’action collective

Le message de Thione Niang repose sur une idée simple : l’Afrique ne se développera pas sans ses diasporas, ni sans une volonté de coopération entre Africains. Investir, former, accompagner, raconter autrement les pays du continent et soutenir les initiatives créatrices d’emplois sont autant de formes possibles d’engagement.

Il invite les membres de la diaspora à regarder vers le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et, plus largement, vers les nombreuses opportunités qu’il estime présentes sur le continent. Au-delà des pays cités, son plaidoyer vise à transformer l’attachement à l’Afrique en participation durable, concrète et collective.

Questions fréquentes

Quel est le message principal de Thione Niang à la diaspora africaine ?

Il appelle les Africains vivant à l’étranger à contribuer au développement du continent par l’investissement, la création d’emplois, la transmission des compétences, l’accompagnement des jeunes et la valorisation d’un récit plus positif de l’Afrique.

Faut-il nécessairement retourner vivre en Afrique pour participer ?

Non. Thione Niang estime qu’il est possible de contribuer à distance, par internet, le partage d’expérience, le financement, les réseaux professionnels ou le soutien à des projets locaux.

Pourquoi insiste-t-il sur les réseaux sociaux ?

Il critique les attaques et le dénigrement qui peuvent décourager les personnes engagées. Il appelle plutôt à employer les outils numériques pour inspirer les jeunes, transmettre des connaissances et mieux faire connaître les atouts des pays africains.

Christiano Btf

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